CIMETIÈRE (actuelle Place Carrée)

Grand cimetière
(détail du plan de Barbier, XVIIe s.,
Archives nationales)

A l'origine, le cimetière de Saint-Amand occupait une partie de l'actuelle place du Marché mais au XVème siècle, lorsque la ville fut entourée de murailles, les habitants demandèrent au seigneur d'Albret de faire ôter le cimetière du lieu et de leur fournir un autre emplacement à ses dépens, en leur abandonnant également tous les profits des places du cimetière.

Le cimetière est alors reporté dans un vaste espace (actuelle place Carrée), entre deux secteurs très peuplés : la rue Fradet au nord conduisant vers Bourges, la rue Aux-Blanches au sud conduisant au château de Montrond. Il ne reste plus rien aujourd'hui des monuments liés à la fonction funéraire du lieu, en particulier une croix et une chapelle sépulcrale appartenant à la famille Bonnet de Sarzay.

Durant tout l'Ancien Régime, on enterre également dans l'église paroissiale, dans celle des Carmes, autour de ces églises et dans l'enclos de l'Hôtel-Dieu. Notons enfin que le cloître des Carmes, l'hôtel Saint-Vic et la chapelle Péron sont également des lieux d'inhumation pour les notables de la ville.

En 1779, le grand cimetière est frappé d'interdit pour cause d'insalubrité, et les morts sont dès lors enterrés dans l'enclos de Montrond puis, à partir de 1807, dans celui des Capucins, récemment acquis par la ville. Devenu trop exigu, la municipalité abandonne ce terrain en 1830 et installe le nouveau cimetière dans le quartier des Pétaudes.

L'ancien champ de repos, laissé à l'abandon pendant près de vingt ans, sert à partir de 1796 à parquer les bêtes à cornes ; les chevaux, cochons et autres animaux continuant quant à eux à être placés sur la grande route de Montluçon. 

En 1812, le lieu prend le nom de place du Centre, puis en 1832 devient la place Napoléon. Petit à petit, le site tend à devenir le centre mondain de la ville. Un théâtre s'y installe au milieu du XIXème siècle, et des magasins modernes (notamment la Samaritaine) et de nombreux cafés s'ouvrent alors. 

Un kiosque en bois est offert par un riche négociant de la ville, et sera remplacé en 1898 par une construction métallique, toujours présente de nos jours.

Place Carrée à la Belle Epoque
(carte postale, début XXe s.)

La place de la République (également appelée place Carrée) est aujourd'hui le véritable cœur de la cité, accueillant toujours chaque année, en octobre, les traditionnelles foires d'Orval.


&  Pour en savoir plus...

Ÿ HUGONIOT (Jean-Yves), Saint-Amand-Montrond, mémoires d'une ville, éditions du Cercle Généalogique du Haut-Berry, Bourges, 1998, pp. 203-206.

Ÿ MALLARD (Victor), Histoire des deux villes de Saint-Amand, Bourges, 1894, pp. 118-119 et 251-253.


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