Antony-Eugène GAULMIER (1795-1829)

Antony-Eugène GAULMIER est né le 6 janvier 1795 à Saint-Amand-Montrond, où son père exerçait les fonctions de  préposé aux recettes et dépenses publiques de l'arrondissement (receveur particulier des finances). Sa constitution excessivement délicate inspira très vite à ses parents de sérieuses inquiétudes, et ce n'est qu'après de longues hésitations qu'ils se déterminèrent à l'envoyer au collège de Bourges. Il y obtint de nombreux succès et, ses études finies, il entra dans l'instruction publique en étant nommé régent du collège de Saint-Amand.

 Un amour sans espoir troubla les débuts de sa carrière et l'arracha de sa chaire. Il revint alors dans sa famille, et songea un moment à étudier la médecine, puis à entrer en religion. En janvier 1816, il entra  d'ailleurs au séminaire de Saint-Sulpice, où il ne fit qu'un assez court séjour et qu'il quitta pour se laisser aller définitivement à sa passion pour la poésie. Un nouvel amour s'empara de lui, et une passion violente fit alors éclore ses premières poésies.

La nécessité ramena néanmoins Gaulmier dans sa première voie, et il rentra donc à nouveau dans l'instruction. Il fut ainsi appelé en 1818 à professer la rhétorique à Nevers, puis à Reims en 1819, et enfin à Bourges, dans le collège où il avait fait de si brillantes études. A cette époque (1820-1822), il vit ses poèmes couronnés par différentes académies. Quelques-uns furent même alors imprimés séparément.

Mais un travail opiniâtre et des ennuis de toutes sortes altérèrent gravement sa santé, et il mourut à Bourges le 23 septembre 1829, âgé de seulement 34 ans. Les vers d'Antony-Eugène Gaulmier, aux accents souvents passionnés mais également empreints de beaucoup de charme et de grâce,ont été recueillis après sa mort par les soins de sa famille et publiés en 1830 sous le titre Œuvres posthumes d'Antony-Eugène Gaulmier.

Parmi ses poésies les plus remarquables, on citera l'Ode sur le Dévouement de Malesherbes (qui fut couronnée par l'Académie), La Première Communion, La Jeune Mère mourante (dont les vers sont empreints d'une très grande mélancolie), Le Dévouement des Médecins français et des Sœurs de Sainte Camille, ou encore L'Abolition de la Traite des nègres (qui fut lue à l'Académie et vivement applaudie). 

A lire ces quelques œuvres, on ne peut que regretter que la faible constitution d'Antony-Eugène Gaulmier n'ait abrégé la durée de son existence, le privant ainsi d'une carrière littéraire plus que prometteuse.


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