François-Ernest MALLARD (1833-1894)

François-Ernet Mallard est né le 4 février 1833 à Châteauneuf-sur-Cher, mais mais toute son enfance s'est écoulée à Saint-Amand-Montrond, où son père exerçait la profession d'avoué. Après de brillantes études au collège de Saint-Amand et au lycée de Bourges, il fut admis en 1851 à l'Ecole Polytechnique, d'où il sortit pour aller en 1853 à l'Ecole des Mines. 

François-Ernest Mallard,
inspecteur général des Mines.

Affecté en 1856 à la résidence de Guéret, il commença à manifester un vif intérêt pour les études géologiques, et se fit rapidement remarquer de ses chefs comme un jeune ingénieur d'un mérite exceptionnel. Il se vit ainsi appelé en 1859 à Saint-Etienne, pour y professer la géologie, la minéralogie et la physique. Tout en profitant de son séjour dans ce centre industriel pour s'initier aux grandes questions d'intérêt technique, il poursuivait l'exécution des Cartes géologiques de la Haute-Vienne et de la Creuse, qu'il réussit à terminer pour l'Exposition de 1867, apportant, dans la distinction des diverses masses granitiques de la contrée, une précision qui n'avait pas encore été atteinte.

Mallard fut alors chargé par le gouvernement brésilien de différentes recherches scientifiques et reçut à cette occasion la décoration de l'Ordre de la Rose du Brésil. 

Il venait de recevoir une mission pour le Chili quand éclata la guerre de 1870. Son œuvre scientifique repidement terminée, il rentra à la hâte en France et se mit aussitôt à la disposition du Gouvernement de Défense Nationale. On lui confia le commandement du génie civil dans le 18ème corps, avec lequel il prit part à la campagne qui devait aboutir à la retraire de l'armée de l'Est en Suisse.

Après cet attristant épisode, Mallart reprit ses fonctions dans la Loire. Mais en 1872, il fut appelé à l'Ecole des Mines de Paris comme professeur de l'une des premières chaires, celle de minéralogie. Pendant 22 ans, il forma de nombreuses formations d'ingénieurs, attira un public éclairé et fit connaître d'admirables théories par lesquelles la face de cette science réputée obscure. Excellent expérimentateur, il a également doté les minéralogistes d'un précieux appareil pour la mesure des petits cristaux.

En 1890, une vacance étant survenue à l'Académie des Sciences dans la section de minéralogie, Mallard fut élu au premier tour, sans avoir eu, pour ainsi dire, besoin de faire campagne. Certes, le nombre n'était pas très grand de ceux qui avaient autorité pour apprécier pleinement son mérite ; mais ils avaient formulé leur opinion de telle sorte que la majorité ne pouvait hésiter à les suivre. Comment l'Académie eût-elle laissé attendre celui de qui Lord Kelvin [Sir William Thomson], célèbre savant anglais, devait dire un jour qu'il le regardait « comme un des esprits les plus puissants que la France ait produits dans ce siècle » ?

Tant de travaux scientifiques n'ont cependant pas empêché Mallard de poursuivre avec régularité le cours de sa carrière administrative. Libre de toute attache, car il ne s'était pas marié, il donnait au service public la part de son temps que la science n'absorbait pas. Inspecteur général depuis 1886, il avait acquis une grande autorité au Conseil des Mines, dont il semblait que la présidence dût un jour lui revenir. Il s'adonna d'ailleurs avec ardeur à l'amélioration de la lampe des mineurs et, grâce aux perfectionnements qu'il y a apportés, préserva des centaines de vies humaines.

Universellement respecté dans les Sociétés savantes qu'il fréquentait, et où sa bonté naturelle, sa simplicité et sa courtoisie demeuraient proverbiales, Mallard comptait un grand nombre d'admirateurs et d'amis, qu'il recevait régulièrement dans sa modeste maison de la rue de Médicis, près du Luxembourg. 

L'annonce de la mort de François-Ernest Mallard, survenue brutalement le 6 juillet 1894, provoqua stupeur et émotion. Trois jours plus tard, une affluence exceptionnelle se pressa à ses obsèques, conscient que le minéralogie venait de perdre, comme le dira M.Fletcher, « son plus grand philosophe ». Puis la dépouille mortelle de Mallard, sous la garde du frère du défunt, fut acheminée à Saint-Amand, témoin de son enfance, où il repose désormais, aux côtés de sa mère.

« Ce qui fait à mes yeux notre véritable grandeur, notre véritable supériorité, ce n'est pas que nous sommes mieux chauffés,mieux habillés, mieux voiturés que nos pères, c'est que nous savons plus qu'eux. Nous ne sommes point ici-bas seulement pour jouir et pour consommer ».

François-Ernest MALLARD (1872)

 


&  Pour en savoir plus...

Ÿ LAPPARENT (M.A. de), « Notice nécrologique sur Ernest Mallard, membre de l'Institut, inspecteur général des Mines », in Annales des Mines, 9ème série, tome 7, Paris, 1895.

Ÿ MALLARD (Ernest), Notices sur les travaux scientifiques, Gauthier-Villars, Paris, 1890.

Ÿ MALLARD (Ernest), Cours de minéralogie. Recueil de données cristallographiques et physiques concernant les principales espèces minérales, Ecole des Mines de Paris, Paris, 1893.

Ÿ TERMIER (Pierre), « Eloge d'Ernest Mallard », in Bulletin de la société Géologique de France, 3ème série, tome 23, pp. 179-194, Paris, 1895.


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