PLACE DU MARCHÉ

Place publique
(détail du plan de Barbier, XVIIe s.,
Archives nationales)

Avec le développement rapide de la ville neuve de Saint-Amand-sous-Montrond à partir du XVème siècle, la place du Marché (ou place publique), ancien lieu de sépulture, devient alors le  cœur économique et social de la cité.

Véritable lieu de rencontre entre les populations urbaines et rurales, la place accueille de nombreux marchands et artisans. Le commerce, rendu facile par les ponts (trois sur la Marmande et un sur le Cher) devient prospère et les foires et marchés se multiplient. Au début du XVIème siècle, on compte pas moins de sept grandes foires annuelles, dont la plus importante, celle d'octobre, porte aujourd'hui encore le nom de « foires d'Orval ».

Pendant longtemps s'y tiennent les marchés au beurre et aux veaux (malgré de fréquentes protestations des riverains). Les grandes boucheries occupent d'ailleurs une large partie de la place, ce qui ne va pas sans poser un certain nombre de problèmes, notamment en matière d'hygiène. En dehors de quelques habitations du XVème siècle reconnaissables à leurs pignons pointus, l'architecture de la place du Marché est caractéristique de la fin du XVIIIème siècle, avec une réelle unité des toits et des lucarnes.

Une fontaine publique y est installée au XVIIème siècle, bien que de nombreux puits communs ou individuels existent déjà autour de la place, creusés pour beaucoup au milieu même des sépultures anciennes. 

En 1771, la démolition des remparts entraîne la disparition de cette fontaine. Il faudra attendre 1850 pour revoir une fontaine publique sur la place du Marché.  La fontaine actuelle est l'héritière de celle établie au XIXème siècle et sa décoration est inspirée par des lions de pierre décorant jadis les jardins du château de Montrond.

La fontaine, place du Marché
(carte postale, début XXe s.)

Place du Marché,
vue du campanile de l'église des Carmes.

Sous l'Ancien Régime, c'est également sur la place du Marché que se tiennent les exécutions des criminels. Ainsi, en 1751, Michel Morin, accusé d'avoir massacré toute une famille puis incendié leur maison, est condamné à « estre, sur la place publique un jour de marché, roué vif et son corps jeté au feu » (A.D. Cher, B 4190). 

Parfois la condamnation est moins sévère mais la peine du criminel doit toujours être exécutée sur la place publique, de préférence un jour d'affluence. En 1733 par exemple, le parlement de Paris condamne Gilbert Pouradier, tailleur d'habits accusé d'avoir en maintes occasions « juré et blasphémé le saint nom de Dieu », à « estre attaché au carcan à un poteau qui pour cet effet sera planté en la place publique de Saint-Amand pendant trois jours de marché ayant écriteaux devant et derrière portant les mots "Homme séditieux, violent et jureur" et en suitte flétry d’un fer chaud en forme d’une fleur de lys sur l’épaule, et banny pour neuf ans du bailliage de Saint-Amand » (A.D. Cher, B 4165). 

Bien plus paisible aujourd'hui, la place du Marché conserve sa vocation commerçante, et se présente comme le véritable cœur historique de la ville.


&  Pour en savoir plus...

Ÿ HUGONIOT (Jean-Yves), Saint-Amand-Montrond, mémoires d'une ville, éditions du Cercle Généalogique du Haut-Berry, Bourges, 1998, pp. 175-182.


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